La sortie des énergies fossiles s'appuie sur trois leviers complémentaires : l'électrification des usages comme le chauffage et la mobilité, la production d'énergie renouvelable et la réduction du gaspillage. Dans l'immobilier, cela se traduit par l'installation de pompes à chaleur et de bornes de recharge, la pose de panneaux solaires sur les toits, ainsi que par l'amélioration de l'isolation et la sensibilisation des habitants à leurs habitudes de consommation.
Avec un tiers des émissions de CO₂ en Suisse, le secteur de l'immobilier doit se transformer rapidement pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Les propriétaires occupent désormais une place centrale : ils doivent accorder autant d'importance à l'efficacité énergétique qu'à la manière dont l'énergie est produite et consommée dans leurs immeubles.
En Suisse, le principal potentiel pour accroître la production d'énergie renouvelable réside dans l'installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures des immeubles locatifs et des PPE. Pour encourager cette démarche, la Confédération a mis en place un cadre légal incitatif et favorable qui garantit la rentabilité de telles installations : le Regroupement pour la consommation propre (RCP). Ce dispositif permet aux propriétaires de vendre l'électricité solaire directement aux occupants de l'immeuble (locataires ou copropriétaires).
Entré en vigueur en 2018, le RCP a même été étendu cette année, puisqu'il est désormais possible de vendre l'électricité produite à ses voisins via le réseau de distribution. Les rôles sont ainsi redistribués dans le sens où les gestionnaires des réseaux de distribution (GRD) voient leur monopole affaibli, au profit des propriétaires qui deviennent fournisseurs d'électricité de leur immeuble, voire même de leur quartier.
Ce changement de paradigme est à la fois un défi et une opportunité pour les propriétaires : découvrons, avec un exemple concret chiffré, pourquoi le solaire, et en particulier le RCP, s'impose aujourd'hui comme un élément clé vers davantage d'indépendance énergétique.
En quinze ans, le prix d'un panneau solaire a été divisé par 20, tandis que ses performances ont doublé. Désormais, la même surface de toit permet de générer deux fois plus d'énergie qu'auparavant. Résultat : le solaire est devenu l'énergie la plus économique à produire.
Les subventions publiques y contribuent également. La Confédération prend en charge 20 à 25 % du coût d'investissement via la Rétribution unique (RU), auxquelles s'ajoutent parfois des aides communales. Par exemple, la commune de Vevey verse jusqu'à 75 % du montant de la RU et 100 francs par compteur installé dans le cadre d'un RCP.
En revanche, pour qu'une installation photovoltaïque soit réellement rentable, il est indispensable de valoriser chaque kWh produit à un prix supérieur à son coût de revient, investissement initial et maintenance inclus sur la durée de vie de l'installation. Or, se contenter de réinjecter l'électricité dans le réseau n'est pas un modèle viable : le tarif de rachat, souvent inférieur à 10 centimes par kWh, demeure généralement en dessous du seuil de rentabilité.
La meilleure voie est donc de consommer la production directement sur place. C'est ce qu'on appelle l'autoconsommation. Dans un immeuble d'appartements, le RCP permet ainsi de vendre l'électricité autoconsommée directement aux occupants de l'immeuble, à un tarif correspondant à 80 % du prix du réseau (généralement entre 20 et 25 centimes/kWh).
À la Rue du Midi à Vevey, la Coopérative d'habitation de Charmontey a installé fin 2018 une installation photovoltaïque de 22 kWp et constitué un RCP pour ses 28 appartements. Le coût total du projet est de 55 000 francs, dont 10 000 francs ont été couverts par des subventions fédérales, ramenant l’investissement net à 45 000 francs.
Grâce à un taux d’autoconsommation supérieur à 70 %, l’installation génère plus de 4 500 francs de revenus par an, soit en moyenne 19 centimes par kilowattheure produit. À ce rythme, la rentabilité est atteinte en dix ans, avec un taux de rendement interne (TRI) de 9 % sur 25 ans, sans compter d’éventuelles subventions communales.
Cet exemple illustre parfaitement comment le RCP permet d'atteindre une rentabilité élevée grâce à l'autoconsommation. Contrairement à l'idée reçue selon laquelle les logements seraient vides en journée, ils restent en réalité largement occupés et continuent de consommer de l'électricité, ce qui soutient un haut niveau d'autoconsommation. Avec l'arrivée des batteries, il sera même possible de stocker l'éventuel surplus d'énergie produit le jour pour le consommer le soir, renforçant ainsi encore davantage l'autonomie énergétique de l'immeuble.

Face à cette évolution, certains GRD encouragent les propriétaires à adopter leur modèle de la Communauté d'autoconsommation (CA) ou "modèle de pratique du GRD", une alternative au RCP qui permet elle aussi de partager l'électricité solaire entre plusieurs consommateurs. Cependant, cette solution sert principalement les intérêts des GRD, car elle maintient une forte dépendance à leur égard, pénalise la rentabilité de l'investissement et réduit considérablement la liberté du propriétaire dans la gestion de son énergie.
Plus préoccupant encore, la CA ne repose sur aucun cadre réglementaire, mais uniquement sur la bonne volonté du GRD. Elle n'offre ni garanties à long terme, ni sécurité sur les aspects essentiels comme la tarification ou la relation contractuelle entre locataires et bailleurs. Par ailleurs, les consommateurs d'une CA demeurent clients du GRD : ils pourraient donc, dans un contexte de future libéralisation du marché de l'électricité, préférer une offre concurrente plutôt que l'électricité produite localement.
À l'inverse, le RCP garantit au propriétaire de pouvoir vendre sa production à ses locataires, tout en les protégeant d'une tarification excessive. Investir dans le solaire est un engagement sur la durée. Pour garantir la pérennité de cet investissement, il est essentiel de bénéficier d'une totale liberté de gestion, dans un environnement réglementaire clair et stable : c'est précisément ce que propose le RCP.

« En 2018, nous avons installé des panneaux solaires pour réduire les factures d’électricité et contribuer à la transition énergétique. En 2024, nous avons renforcé l’enveloppe extérieure en isolant le bâtiment et en remplaçant les fenêtres. Le local à vélos est désormais équipé de prises pour recharger vélos et trottinettes. Et demain ? Peut-être une batterie, ou le raccordement au chauffage à distance. » — Pierre-André Debétaz, responsable technique de la Coopérative d'habitation de Charmontey
Installer des panneaux solaires et constituer un RCP, c'est faire le choix de produire de l'énergie locale et moins chère, dont bénéficient à la fois propriétaires et habitants. Les locataires et copropriétaires profitent d'une électricité en moyenne 20 % inférieure au tarif du réseau, tout en restant à l'abri des hausses soudaines telles qu'on les a connues ces dernières années. De plus, l'accès à des outils de gestion transparents comme la plateforme Climkit facilite le suivi en temps réel de la consommation et permet à chacun d'optimiser ses usages au quotidien, par exemple en lançant le lave-vaisselle l'après-midi pour utiliser au mieux l'électricité produite sur place.
Les économies générées ne révolutionnent pas le budget des consommateurs, mais elles sont bien réelles : contrairement aux idées reçues, cette transition vers une énergie plus propre s'avère d'ores et déjà moins coûteuse que de rester sur l'ancien modèle.
Mais les avantages ne s'arrêtent pas à l'économie immédiate : le RCP rend également l'immeuble prêt à intégrer d'autres équipements électriques comme les bornes de recharge, les pompes à chaleur, voire les climatiseurs. Cette production locale d'électricité s'avérera précieuse alors que les usages s'électrifient et que la demande en électricité augmente. De plus, grâce à des solutions intelligentes comme Climkit Optimisation, il est possible d'adapter automatiquement la consommation de ces appareils à la production solaire, pour augmenter l'autoconsommation et la rentabilité.
Dans un contexte de forte évolution technologique et réglementaire, le solaire, combiné à l'autoconsommation et à la mobilité électrique, devient la pierre angulaire d'un immobilier plus autonome et durable. L'arrivée des batteries de stockage et la probable imposition du « Droit à la prise », c'est-à-dire l'obligation pour les propriétaires de permettre l'installation de bornes de recharge, ne feront qu'accélérer cette tendance et renforcer l'autonomie énergétique des bâtiments.
Face à ces défis et opportunités, investir aujourd'hui dans le solaire et s'appuyer sur le cadre sécurisé du RCP n'est plus seulement avantageux : c'est une première étape essentielle et concrète pour engager la transition énergétique de votre immeuble. Il n'y a plus de raison d'attendre : c'est le moment d'agir. Vous êtes prêts ? Contactez-nous, nous sommes à votre écoute.
Comment choisir entre le RCP et la communauté d’autoconsomateurs ?
RCP virtuel: qu’est-ce que c’est et comment le mettre en place